Le jeu de la Roda

La Capoeira est caractérisée par sa « Roda », elle est formée par les capoeiristes présents et participants au jeu. Ce qui est essentiel, c’est que chacun a un rôle à tenir dans la « Roda », qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle ainsi dessiné.

A l’intérieur les deux capoeiristes jouent, avec à leur disposition tout le panel de leurs coups et des ruses qu’ils ont pu expérimenter et apprendre pendant les cours. Ils sont le spectacle de la « Roda » et la qualité de leur prestation dépend avant tout de la relation qu’ils auront su créer avec leur partenaire, ils se comprennent et jouent l’un avec l’autre, sont attentifs aux coups qu’ils vont recevoir et à ceux qu’ils vont porter. Ils doivent également porter attention aux autres capoeiristes, car bon nombre d’indications peuvent leur être donner dans des mouvements portés par ceux formant la ronde, dans les chansons ou encore dans les toques des instruments.

A l’extérieur du cercle, les musiciens ouvrent et rythment le jeu. Les autres regardent les joueurs au centre , et les encouragent en frappant des mains et en chantant le choeur. Une énergie se dégage alors de la « Roda ». Entre l’intérieur et l’extérieur du cercle, nombreux sont les échanges. Si le jeu est bon, les chants appelés « La Chula » et les claquements de mains vont se faire plus fort, la cadence de la musique va s’accélérer. Si l’ambiance est chaude, les joueurs vont chercher à en faire plus. Une synergie se crée entre le centre et l’extérieur de la Roda. De plus chacun peut, dès qu’il en a envie, entrer dans le cercle et remplacer un des deux joueurs pour se mesurer à l’autre (on parle alors d’un jeu d’achat).

L’entrée et la sortie des capoeristes sont soumis à des règles. Chaque fois qu’il sort ou qu’il rentre du cercle, le capoeiriste doit faire ce que l’on appelle « le respect » (on demande l’autorisation au berimbau pour rentrer dans le jeu, on se sert la main, on peut également saluer les musiciens et les capoeiristes en signe de politesse et de remerciement). Celui qui entre s’interpose entre les deux joueurs présents et fait face à celui avec lequel il veut jouer. L’autre se retire. Le nouveau venu attend la décision de son adversaire de commencer le jeu. Ce dernier peut prendre le temps de reprendre son souffle avant de reprendre un jeu. Pour ceci, il marche le long du cercle (le tour du monde) et l’autre fait de même. C’est celui qui vient de jouer qui décide de l’opportunité de reprendre le jeu.

La « Roda » est un lieu de jeu et d’échange. Pour beaucoup ce n’est pas un lieu où l’on combat pour faire mal ou tuer, mais plutôt un lieu où l’on s’entraine ensemble à porter des attaques et à être réactif pour éviter et répondre rapidement aux coups que l’on reçoit. Un bon capoeiriste marque les coups, ils maitrisent ses gestes de manière à ne pas faire mal à son partenaire et peut être amené à retenir son attaque si celui ci peut être mal réceptionné par l’autre joueur. Il travaille sa ruse et sa malice, ses reflexes, et mise avant tout sur un échange de qualité.

Pour certains la capoeira reste un moment de combat où les coups portés peuvent être fatal. Chaque « Roda », chaque groupe de capoeira a donc sa philosophie et ses règles, et ils est donc impératif à tout bon capoeiriste d’être bien attentif à la ronde qu’il essaye d’intégrer.

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